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PLF 2019 : Réforme du régime de l’intégration fiscale





L’article 12 du projet de loi de finances pour 2019 prévoit de modifier le régime de l’intégration fiscale.

En premier, pour le calcul du résultat d’ensemble les subventions et abandons de créances consenties entre les membres du groupe ne seront plus neutralisés. Jusqu’à présent, selon les dispositions de l’article 223 B 5eme alinéa du CGI, les abandons de créances ou les subventions indirectes consentis entre membres d’un groupe d’intégration fiscale n’étaient pas pris en compte pour la détermination du résultat d’ensemble établi au niveau de la société mère. Le résultat d’ensemble du groupe était donc corrigé :
-par la réintégration des sommes comprises dans les charges déductibles de la société qui a consenti l’abandon ou l’a subi ;
-par la déduction des sommes incluses dans les profits de la société qui a bénéficié des avantages.

Lorsque la société qui accordait l’avantage n’avait pas droit à la déduction fiscale correspondante notamment en cas d’abandon de créances à caractère financier, le résultat d’ensemble était seulement réduit à concurrence du profit constaté par la bénéficiaire de l’abandon ou de la subvention. Ainsi, la non déduction de l’abandon au niveau du résultat individuel de la société qui l’avait consenti n’était donc pas prise en compte pour la détermination du résultat fiscal d’ensemble ce qui revenait à ne pas l’imposer. Le projet prévoit donc de ne plus effectuer cette neutralisation. Si cette mesure n’aura pas d’impact en ce qui concerne les abandons de créances à caractère commercial car déductibles fiscalement, il en va différemment pour les abandons de créances à caractère financier qui ne sont pas déductibles selon les règles du droit commun.

Pour mémoire, pour la détermination des résultats des exercices clos depuis le 4 juillet 2012, les aides à caractère financier sont, par principe exclues des charges déductibles selon l’article 39.1.3 du CGI.  Le caractère financier d'une aide résulte normalement du fait que la motivation prépondérante de l'entreprise qui l'octroie consiste à sauvegarder la valeur de ses participations en assurant la pérennité d'une filiale en difficulté, afin d'éviter d'être contrainte de combler son passif, ou qu'il soit porté atteinte à son renom.
Il résulte de la jurisprudence que la qualification financière des avantages accordés aux filiales est opérée de manière négative, dans la mesure où il est établi que les motivations commerciales n'ont pas concouru de manière prépondérante à leur octroi.
L’absence de neutralisation des abandons de créances et subventions concernera ceux et celles effectués à compter du 1er janvier 2019. Un état des subventions et abandons de créances non retenus pour la détermination du résultat d’ensemble des exercices ouverts avant le 1er janvier 2019 sera mis en place. En outre, l’article 223 R qui prévoit les réintégrations des subventions et abandons neutralisés en cas de sortie est modifié afin que les réintégrations soient limitées aux subventions et abandons consenties avant le 1er janvier 2019.

Par ailleurs, la quote part de frais et charge sur les plus-values de cession de titres de participation réalisées au sein d’un groupe ne sera plus neutralisée.  Jusqu’à présent, la quote-part de frais et charges égale à 12 % du montant brut des plus-values de cession prévue au deuxième alinéa du a quinquies du I de l'article 219 n’était pas prise en compte pour la détermination du résultat
d'ensemble au titre de l'exercice de cession des titres. Désormais le montant de la quote part sera imposable au niveau du résultat d’ensemble. Pour compenser cette mesure, il est  prévu de réduire son taux (12%) à 5% pour toutes les entreprises c’est-à-dire pas uniquement pour les plus-values de cession de titre long terme entre sociétés intégrées mais pour l’ensemble de ces plus-values.
 
Enfin, Le taux de la quote part de frais et charges sur les dividendes relevant du régime mère-fille sera désormais de 1% que les dividendes soient perçus par une société membre d’un groupe ou non sous réserve que les sociétés bénéficiaires et les sociétés distributrices françaises ou établies au sein de l’UE eussent rempli les conditions pour constituer un groupe. En outre, le traitement fiscal des distributions versées à une société membre du groupe inéligibles au régime mère-fille sera aligné avec celui applicable aux dividendes intra-groupe éligibles à ce régime et ne seront plus neutralisés qu’à hauteur de 99%. La neutralisation de ces dividendes qui sont imposables car non éligible au régime mère/fille ne sera donc plus totale.
 



27/09/2018
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